Strategies pour combattre l’ethnicisme (Pierre Sula)

BBBPierreSula

Cher Dilondi :

Vous avez pose  la question suivante :

Quels sont les services que le CET offre a la RD Congo comme alternatif aux conflits des tendances ethniques et regionales et respecter la diversite constitutionnelle ethnique,regionale,culturelle,sociale,religieuse de la RD Congo ?

 

Le CET  différencie d’une part  les aspirations légitimes des  citoyens congolais à affirmer leurs identités telles que nous  l’avons  soutenu dans la vidéo produite  M. Arthur Kalombo en commémoration de la journée du 30 Juin et  d’autre part les  déviations et manipulations politiciennes faisant usage de l’ethnicisme et du régionalisme que nous devons combattre sans état d’âme.

Le CET envisage  deux sortes de mesures en rapport avec ce problème. Il s’agit   d’abord de mesures de control immédiate des forces centrifuges   dans le cadre de l’optimisation du fonctionnement de l’Etat ; ensuite  des mesures curatives  sous forme de régulation ainsi que de modification éventuelle à apporter à la constitution pour procéder a la réingénierie  du système des partis politique.

 

OPTIMISATION DU FONCTIONNEMENT DE L’ÉTAT

Avec la théorie fonctionnelle de l’État, Richard Hartshorne a fait valoir que la survie ou l’échec de chaque État-Nation sont directement liés à l’équilibre entre forces centripètes et centrifuges.

Le bon fonctionnement de l’État génère  la loyauté de la population. L’ensemble  de la loyauté des  citoyens constituent les forces de cohésion nationale ou  forces centripètes de l’Etat, alors que l’encouragement aux diversités religieuses, culturelles, ethniques, etc., produit des contradictions antagoniques et des forces centrifuges. La résultante des forces centripètes doit dominer celle des forces centrifuges afin que l’Etat justifie sa « raison d’être ».

Quand le niveau de fonctionnement de l’Etat  est  très réduit, l’encouragement au particularisme ethnique, religieux ou régional par des politiciens irresponsables en campagne électorale  peut  mener à une accélération de force centrifuge pouvant atteindre le point de « d’ébullition »  de l’Etat-Nation. Pour le moment la Communauté internationale aide à apporter une part de forces pour maintenir  la marmite RDC  au feu sans exploser.

Depuis trois ans le CET  ne cesse d’appeler les congolais à comprendre cette malheureuse situation de notre pays pour ne pas accélérer davantage  les forces centrifuges alors que notre pays est presqu’au point d’exploser.

Ainsi nous nous préparons à  conduire le pays dans une transition  de 36 mois pour augmenter la capacité de l’Etat afin de poser  les bases d’un Etat fonctionnel. Durant cette  transition technocratique, les organes de sécurité et Judiciaires seront  restructurés et renforcés  de manière a protéger tous les citoyens sans discrimination de leurs origines pour assurer qu’ils ne soient pas tenter de prendre la  justice en leurs propres mains ou de protéger leurs intérêts en recourant à la solidarité ethnique ou régionale.Par ailleurs, il faut renforcer  les institutions de démocraties ; car celles-ci devront servir de garde-fous en gérant les contradictions dues aux diversités ethniques, sans entraîner la déstabilisation de l’État.

Il faut creuser des digues en prévision de la forte pluie : c’est l’argumentaire du CET.

INGÉNIERIE DU SYSTÈME DES PARTIS

Étant donné que les partis politiques sont intimement liés à la montée et à la chute des conflits dans les sociétés ethniquement divisées et fragmentées, une meilleure  réingénierie du système des partis politiques  peut favoriser  une bonne évolution du pays vers une  démocratie stable.

En effet, nous avons une société très atomisée, ce qui se traduit politiquement par une fragmentation du système des partis : chaque politicien voudrait être le chef de son propre parti ou du parti de son ethnie. Dès lors, les alliances se font et se défont suivant les intérêts individuels sans tenir compte des intérêts supérieurs de l’Etat-Nation. Dans une telle situation, il est difficile d’arriver à un consensus dans le débat politique parce que les acteurs politiques cherchent d’abord la satisfaction de leurs intérêts personnels ; ceci  explique aussi la durée toujours élastique des « dialogues » des politiciens congolais. Ce ne sont pas de tels politiciens, incapables de travailler pour des consensus et amoureux de la surenchère politicienne, qui feront évoluer la RDC vers un système démocratique pluraliste constitué de partis forts !

 

Pourtant comme l’a écrit Huntington, le célèbre auteur de The Third Wave, la présence de partis forts est la condition sine qua none  de la stabilité politique dans les pays en voie de développement. Des études comparatives menées dans des pays du tiers-monde en transition vers la démocratie le montrent : parmi les pays en transition qui réussissent la consolidation de la démocratie  ainsi que le développement, le principal facteur commun est la présence d’un système de partis constitué d’un nombre très réduit de partis politiques, mais reposant sur une base très élargie.

 

Selon le Journal officiel de la RD-Congo  publié  le 30 avril 2018, 599 partis et 77 regroupements sont reconnus et donc autorisés à prendre part aux plébiscites  prévus  à la fin de décembre 2018. Plusieurs partis partagent parfois le même nom, la même adresse de siège et ne diffèrent  que par la personne qui s’est proclamée « président ».  Une telle fragmentation de parti politique  encouragée part les autorités, sur base  de caractéristique ethniques, régionales ou idéologiques  ne peut pas mener à la stabilité politique d’un pays.

 

C’est à juste titre que les technocrates du CET  ont déjà préparé une nouvelle réglementation relative à la création et à l’existence des partis pour la RDC.  Celle-ci devra accompagner les mesures visant à l’augmentation des capacités de l’État. Seuls les partis pouvant couvrir l’ensemble du territoire national devront être reconnus comme partis politiques. Cela réduira leur nombre, mais étendra leurs bases sociales et idéologiques. C’est déjà le cas en Tanzanie, au Ghana, au Nigeria, voire dans certains pays d’Asie, notamment en Indonésie, et même à Singapour. Dans la plupart de ces pays, les références ethniques, religieuses et culturelles sont bannies des organisations politiques. Nous devons nous inspirer des bons exemples des autres plutôt que de toujours demeurer le mouton noir.

Pierre Vile-Linda Sula

DBA, IT Architect

 

 

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