LES PRÉMICES D’UN NOUVEAU DÉPART POUR LA RDC (Paul Olamba Kalonda).

Madame, Monsieur,

La République Démocratique du Congo (RDC) n’est plus un pays à présenter aux hommes et femmes, citoyens du monde, amoureux de l’Afrique et particulièrement de la RDC. Néanmoins, nous allons nous livrer à l’exercice afin de bien positionné le problème qui nous concerne en ce jour.

Contexte

Avec une superficie de 2 345 409 km2, 80 millions d’hectares de terres arables, 145 millions d’hectares de forêts, un sous-sol qualifié de scandale géologique et qui renferme notamment 10 % des réserves mondiales de cuivre, 30 % des réserves de diamant, 70 % des réserves de fer, 60 % des réserves de coltan, une production de 50 % du cobalt utilisé par le monde entier, un potentiel en hydroélectricité et énergies renouvelables qui dépasse tout entendement, une population jeune de 80 millions d’habitants, dont une part de plus en plus importante est dotée d’une formation solide, le pays dispose d’un potentiel certain de croissance, mais malheureusement, il pointe actuellement parmi les derniers dans l’Indice de développement humain, selon les rapports des Nations unies sur la question.

Pourquoi en est-il ainsi ?

« La vérité blesse, mais aucune réparation n’est possible dans le mensonge. » Nous allons donc, Madame, Monsieur, présenter les faits sans complaisance et, chaque fois que nécessaire, tirer les conclusions qui en découlent.

Depuis son accession à l’indépendance, la RDC n’a jamais connu la stabilité politique nécessaire pour son développement. Moins d’une semaine après la proclamation de l’indépendance du pays, le 30 juin 1960, on assiste successivement à la mutinerie des troupes de la force publique, à la sécession katangaise, à celle du sud Kasaï, à la destitution du Premier ministre élu ainsi qu’à son assassinat, et finalement à la mise à l’écart de la majorité qui avait remporté les élections de 1960, puis à l’installation au pouvoir d’un groupe d’hommes qui n’avaient aucune légitimité, “le groupe de Binza”.

Bien qu’ayant été un des premiers acteurs dans l’élimination du gouvernement du Premier Ministre Patrice Lumumba  en  1960, Joseph Mobutu joua d’abord le rôle de sbire dans ce pouvoir collégial du Groupe de Binza qui régenta le Congo durant les quatre premières années de son «indépendance » avec Joseph Kasa-Vubu comme Président, avant la mascarade du Coup d’Etat de Novembre 1965. Cette dernière marqua le début du contrôle de tout l’appareil de l’État par un pouvoir personnel ou  néopatrimonial qui durera 32 ans, détruisant totalement l’économie du pays et toutes les capacités de l’Etat, avant d’être renversé par l’Alliance des Forces démocratiques pour la Libération (AFDL) sous la direction de Laurent Désiré Kabila. Lorsque l’homme qui a émergé de l’AFDL, devenu président de la RDC, entre en contradiction avec les forces extérieures qui l’avait initialement soutenu , une guerre atroce d’invasion est infligée au peuple congolais, dont le coût macabre a dépassé les cinq millions de morts et dont les affres ne sont pas encore totalement résorbées aujourd’hui ; et ce, malgré l’accord de paix initié à Lusaka sous l’auspice de l’ONU et de l’OUA en 1999.

La plupart des malheurs qui ont accablés la RDC de son accession à l’indépendance à ce jour sont  été présentés comme étant les conséquences des facteurs internes d’instabilités. Pourtant, sans exonéré les congolais de leur part de responsabilité, l’histoire révèle de plus en plus que l’instabilité de la RDC est  aussi due aux facteurs externes. Car des organisations, des entreprises et parfois même des États ont, à des degrés divers des responsabilités dans ce que nous pouvons appeler le drame congolais.

Dans les circonstances actuelles, le seul remplacement du Président Joseph Kabila à la tête de l’État par des élections dont le caractère démocratique est loin d’être garanti ne résoudra pas le problème du Congo, qui est certes complexe, mais pas insoluble. Le drame, c’est qu’à la faveur des divergences de vision des uns et des autres, ce problème a toujours été mal posé depuis le (mauvais) départ de 1960, sous l’influence de la Guerre froide. Aux problèmes mal posés, point de solution sans quelques aménagements techniques.

Nous ne prétendons pas, seuls, pouvoir poser correctement le problème, tant il est complexe. Toutefois, une variable principale est que le peuple congolais (propriétaire de ce que l’on appelle la République Démocratique du Congo) aspire à vivre en paix et en toute indépendance dans le pays qui est le sien. L’autre variable principale est le besoin qu’éprouvent certaines organisations, entreprises extérieures, et même des États d’accéder aux ressources naturelles dont regorge le Congo, sans trop des réglementations et/ou contreparties financières. D’autres variables existent, notamment la mondialisation et l’avènement de la Chine comme grande puissance, mais la réflexion pourrait se poursuivre avec les deux premières variables, sans que le problème ne perde de sa généralité.

Nous estimons que les relations entre le Congo et ses divers partenaires seraient beaucoup plus profitables aux uns et aux autres si elles  se faisaient dans une optique gagnant-gagnant, celle-là même qui n’a pas été suivie durant la période de la Guerre froide et qui garantirait au peuple congolais son droit à une vraie indépendance ; une situation dans laquelle l’économie du Congo ne serait pas totalement conditionnée par la volonté politique et le développement d’autres États. Pour les Congolais, les tâches prioritaires sont d’affermir leur indépendance, en commençant par la réduction des facteurs internes et externes d’instabilité du pays, et de travailler à son développement.

Nous sommes persuadés qu’il existe des solutions pratiques qui tiennent compte des intérêts de toutes les parties en présence. La République Démocratique du Congo dispose, en plus de ressources naturelles abondantes, d’une élite intellectuelle et de technocrates dans tous les secteurs. Il existe sans aucun doute des hommes et des femmes congolais déterminés à apporter des solutions viables et acceptables par tous aux problèmes de leur pays. C’est à la recherche de ces solutions que nous vous convions.

Groupe de réflexion sur la situation sécuritaire, socio-économique et politique en RDC

Depuis quelques années, un groupe de Congolais, parmi tant d’autres, cherche les causes des problèmes qui secouent leur pays afin d’y apporter les solutions adéquates. Il s’agit des membres du Corps Exécutif de Transition (CET) en République Démocratique du Congo.

La première proposition formulée par ce groupe consiste en l’organisation en RDC d’une transition technocratique. Ladite transition  conduite par des technocrates, devra se faire sans les acteurs politiques actuels (majorité comme opposition) et  avoir  comme tâches principales la mise sur pied d’un État fonctionnel, et l’organisation des élections. La différence avec ce qui est entrepris actuellement est que nous donnons la priorité à la remise sur pied de l’État, suivie d’une organisation d’élections démocratiques après un délai raisonnable. Aucun membre du gouvernement de transition ne pourra être candidat aux élections organisées par cette autorité composée de technocrates. Ceci devra donner un vrai départ démocratique au pays. Il s’agit également d’apaiser toutes les forces vives du pays et de réduire au minimum le niveau des contestations électorales pouvant déboucher sur une guerre civile.

Nous vous prions Madame, Monsieur de prendre connaissance, du document en annexe, fruit de notre réflexion sur la situation sécuritaire, socio-économique et politique en RDC. Il s’agit de la lettre  que nous avons adressée en date du 17 Septembre 2017  au Secrétaire Général de l’Organisation des Nations Unies, ainsi qu’aux pays membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies, en rappel de notre lettre initiale adressée  au même  Secrétaire Général des Nations Unies, sur le même objet, le 06 Janvier 2016.

La deuxième proposition appelle à la mise sur pied d’un  Groupe de réflexion sur la situation sécuritaire, socio-économique et politique en RDC.  En effet, le CET est convaincu que des solutions stables et viables ne pourront être apportées aux problèmes du Congo que si les causes réelles desdits problèmes sont connues. Il souhaite donc travailler à l’identification de ces causes, et à l’élaboration des solutions, ceci en incluant dans ce processus toutes les parties prenantes du problème congolais. La participation à cette réflexion des hommes et femmes congolais, africains, européens et américains qui aiment le Congo est indispensable.

Nous voudrions Madame, Monsieur, vous sensibiliser à ce problème et vous inviter à devenir une des personnalités qui soutiennent ce groupe de réflexion afin que, ensemble, nous puissions travailler à la stabilisation du Congo dans la mesure ou au delà de la condition de la population congolaise qui demande à s’améliorer, le Congo est aussi et surtout l’un des coffres forts de l’humanité, l’un de ses poumons et l’une de ses sources d’eau. Il n’est donc pas responsable d’en confier la gestion à des incompétents.

 

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre haute considération.

Pour le CET
Paul Olamba Kalonda

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