SUR LE RECOURS À L’ONU, AUX TECHNOCRATES CONGOLAIS EN ACCORD AVEC LA RDC ( Ikonga )

SUR LE RECOURS À L’ONU, AUX TECHNOCRATES CONGOLAIS EN ACCORD AVEC LA RDC.

(Ikonga Westahy)

1- Le recours au support de l’ONU.

On n’en dira jamais assez, les situations difficiles des pays dans le monde ne se ressemblent pas. Chaque pays a et vit son contexte des difficultés différemment d’un autre. Nous voulons dire que cela se passe à des degrés différents de gravité qui rendent l’appel au secours possible. What you need is not always what another needs. You can get the same thing than another. But he can also get something different than what you need.

Ce n’est pas parce qu’un pays est indépendant (depuis peu ou plusieurs années) qu’il ne peut ou pourrait avoir besoin de secours et, en ce sens, de support. La difficulté elle-même à un degré critique impose cette voie obligée.

Nous connaissons tous l’aggravation exponentielle, au fil des années, des difficultés en RDC depuis le temps postindépendance. Aujourd’hui, nous convenons tous que cette situation difficile a atteint son seuil critique au Congo et qu’elle mérite un traitement rigoureux qui, tout en accordant les voix des Congolais, permet de refonder via les efforts de ces derniers les bases de la stabilité, de progrès et de développement d’une RDC sortie de ses cendres.

Nous reconnaissons tous aussi que la qualité de nos politiques qui dirigent le Congo depuis des années au sortir de la colonisation, est de piètre niveau. Ce qui complique la recette de sortie du gouffre actuel. Celui-ci est ostensiblement bien palpable, en ceci précisément que tous, sinon plusieurs, décrivent l’état de souffrance, celui de misère noire qui règne au sein du peuple dans l’indifférence générale des dirigeants du pays pour lesquels seule la course à l’enrichissement personnel égoïste compte et n’est plus à démontrer. Voilà pourquoi essayer autre chose à un autre moment (= celui-ci ou le moment actuel) devenait à la fois une nécessité et une urgence. D’où l’idée de recours à l’ONU, la conception du CET qui rend compte de la nécessité des technocrates congolais dans une gestion couplée d’expérience et de compétence onusiennes et celles des Congolais qualifiées, dans la diversité de leurs spécialités, en tant qu’ils sont issus de provenances ou d’horizons divers. Plutôt que de continuer à revendiquer et à brandir, à cor et à cri incessants, notre souveraineté qui n’en est pas une et dont on n’a rien fait depuis des années de gestion proprement assumée par nous-mêmes enfants du pays. Qu’est-ce que cela nous coûte d’avoir un temps relativement court d’administration de l’ONU, une organisation internationale reconnue par presque tous les pays du monde et dont la charte a reçu l’adhésion de quasi tous ces pays? Notre souveraineté sera-t-elle anéantie pendant ce laps de temps de gestion onusienne intérimaire, alors que toutes les années de souffrances sous des régimes dictatoriaux improductifs n’ont pas anéanti ad vitam aeternam cette souveraineté ?

Il est de notoriété que l’ONU comporte, en son sein, des membres permanents dont l’expérience en matière de crises et d’avenues pour leurs solutions via une gestion efficace, est bien au-dessus de celle de la RDC et de ses hommes politiques congolais. La reconnaissance de ce fait n’enlève rien en la souveraineté de la RDC. L’expérience de ces pays membres permanents de l’ONU, mise à profit en faveur du Congo, peut grandement aider le pays à se placer sur les rails grâce à la synergie de ses enfants technocrates diversement enrichis. De cette compréhension inhérente à la réalité strictement congolaise, le recours à cette organisation (dont le but ou les objectifs et les principes intègrent ce qui se passe aujourd’hui en RDC) demeure tout à fait logique et normal. Cf. les chapitres1, 6 et 7 de la charte de l’ONU.

Sauf à décider unanimement ou à la majorité, par referendum populaire, que quelque soit le degré de nos difficultés internes au Congo, nous nous battrons seuls à l’interne comme Congolais pour nous en sortir, sans faire appel à l’assistance des Nations-Unies compte tenu de nos expériences négatives passées avec cette organisation internationale. Ce qui, à la fois invaliderait, du moins logiquement, l’approbation du contenu de la Charte de l’ONU par notre pays de par le caractère absurde d’une telle option référendaire.

2- Choix des technocrates.

2,1. Faisabilité. Voir ce qui est dit plus haut. Mais elle est déjà conçue, élaborée en détail.

2.2. Efficience espérée. Voir aussi ce qui est dit plus haut.

En fait, les critères de départ de sélection des candidats permettent de l’imaginer et de faire foi sur la base du CV et de lettres de référence ou de témoignage comme on le fait ici en Amérique du Nord. Il demeure qu’il faut que les candidats soient opérationnels sur le terrain et soumis pratiquement à l’épreuve du feu face à la réalité de la vie congolaise pour confirmer cette efficience au travers des résultats attendus au moment opportun. Mais le Congo est aussi leur pays qu’ils connaissent avant d’aller à l’étranger. Ce facteur est non négligeable.

2.3. Le point 4a – En lien avec le lieu de recrutement des universitaires technocrates congolais.

Nulle part où il est dit que les universitaires vivant sur place au Congo sont exclus de ce choix des technocrates. Si on saisit les choses en termes d’exclusion des universitaires congolais, cela voudrait dire qu’on a mal compris ce qui est dit ou a été dit. Il s’agit d’une imagination déductive. Je comprends, étant donné qu’on n’a pas forcément fait mention de ces universitaires congolais dans l’évocation des technocrates à recruter. L’accent a été mis sur les Congolais de l’Étranger (Amériques, Europe, Asie, Afrique) en raison d’autres riches expériences qu’ils peuvent apporter pour renforcer la RDC. Sinon tous les universitaires congolais sont pris en considération.

2.4. Le point 4b – Situation de la RDC plus attentatoire que celles d’autres pays ? C’est vous qui le dites par votre déduction.

Le contenu du CET n’affirme pas ainsi les choses : «plus attentatoire». Il n’y a pas d’analyse comparative des crises dans d’autres pays qui ait été faite par rapport à celle que connait la RDC, notre pays. Tant bien le contenu du CET que notre passé et actuel argumentaire considèrent juste le contexte de la situation difficile propre à la RDC et épingle la nécessité du support de l’ONU dans une prise en compte de sa capacité à venir en aide à la RDC à travers l’expérience en solutions de crises dont disposent ses membres permanents, tel que dit plus haut. La finalité étant de recevoir momentanément un coup de pousse, avec toutefois l’accord du Congo et des Congolais, si ceux-ci en perçoivent bien la nécessité et l’empressement. Nous proposons et les Congolais réunis en concertation ou dialogue décident librement. Sauf si par manque de discernement ils en échappent la perception de la nécessité. Ici, face à une éventuelle imminence de dangerpointant à l’horizon, l’ONU dont la charte autorise de passer outre l’avis du gouvernement en exercice peut agir directement afin de sauver des vies humaines menacées au sein du pays.

2.5. Le point 4c- Un exemple de «Building State» avec le soutien de l’ONU ?

Le recours à la gestion de l’ONU est un support aux efforts des Congolais eux-mêmes à rebâtir leur Pays, leur État, et donc leurs efforts à rebâtir les bases de leur administration nationale. C’est là même la raison d’être des universitaires technocrates congolais dans leur diversité. On ne refonde pas un État en 1, 2 ou 3 ans. On peut lui donner une assise permettant à ses enfants (qui sont des cadres) de réédifier leur État.

L’erreur justement est de penser que le recours à l’aide de l’ONU consiste à donner le plein pouvoir à celle-ci pour qu’elle rebâtisse seule et entièrement seule, sans participation des nationaux, l’État congolais. La demande d’une aide (comme celle adressée à l’ONU), dans ce contexte, possède toujours un contenu. Et celui-ci est toujours aussi négociable dans une bipolarité de compréhension où le diktat d’un contre un autre n’est pas à l’ordre du jour. Sauf à posséder des prescrits antérieurs allant dans ce sens et sur lesquels tout le monde s’est accordé. Ce qui exclurait des polémiques stériles. Le reste d’évocations participent de détails accessoires et dès lors tombent.

2.6. Le point 4d – Les présidents de la RDC successifs et leurs familles voraces, comme problème?

En partie, oui. Nous l’avons déjà dit par le passé, et plus d’une fois. Donc cet argument n’est pas inaugural ou une nouveauté. C’est une redite. Il faut surtout un État solide, impliquant des institutions fonctionnelles. L’État de droits en découlera disant et culminant sur le respect et l’application de la loi. Il sera dès lors facile d’instaurer une culture démocratique fondée sur un patriotisme éprouvé. C’est pour cette raison que nous nous battons d’abord pour l’instauration de l’État, un État consolidé dont dépendra même la sécurité rassurée de tout le territoire national, comme nous l’apprend Bodin. Les individus à la tète du pays peuvent changer positivement, mais si l’État est inexistant, les institutions sont amorphes et une culture de forte prédation dénouée de morale solide continue d’opérer, l’homme à la tête du pays (tout puissant soit-il) finira par courber l’échine et observera inexorablement son fiasco. L’effondrement alors du pays ne pourra qu’être constaté.

2.7. Le point 4ee – Les initiateurs du CET et les technocrates recrutés comparés à un lobby d’exilés venant s’emparer des institutions nationales, dites-vous ?

Nous avons dit qu’il fallait oser autre chose, du moins momentanément, pour voir comment aider le Congo à s’en sortir. Il faudrait savoir que quand on ne fait rien, rien n’avance non plus et aucun résultat rassurant n’advient. Quand les recettes habituelles ne fonctionnent pas face à une difficulté, mieux vaut faire quelque chose de différent et en apprécier les résultats. Conséquence : on s’enrichit. La monotonie est une pauvreté.

4- Les Critères de sélections des universitaires technocrates (volet déjà traité).

Les critères de sélection des candidats technocrates congolais indiqués ont été choisis après un examen minutieux. Ils concernent tout congolais, pas seulement les initiateurs du CET. Ce sont les Congolais tels qu’ils sont vus dans la diversité de leurs formations, de leurs spécialités et de leurs provenances à l’Étranger comme au pays. Pas de discrimination, et pas de panique pour rien. Il n’y a pas lieu de parler davantage sur les critères que ce qui a été indiqué, chaque universitaire, congolais ou autre, sait ce que c’est que ‘’parcours académique solide’’, ‘’compétence reconnue’’, ‘’solide et riche expérience professionnelle’’. Les offres d’emplois sérieux dans les pays avancés considèrent ces critères.

Bien plus, nous pouvons donner la justification de ces critères en accord avec la science de Gestion.

Dans la gestion de ressources humaines, les critères de recrutement sont dits « Goal and Performance driven ». Pour déterminer les prédicteurs des performances au regard des objectifs de l’organisation, on se base sur les « KSA » ou « Knowedge-Skills_Abillities ».

Nous sommes convaincus qu’à quelques exceptions près, le meilleur prédicteur de connaissance est la formation académique reçue, celui de compétence et le nombre d’années d’expériences professionnelles; enfin la capacité de l’individu à performer peut être révélée par les références professionnelles et académiques.

Nous avons la représentativité pour éviter la discrimination. Nous voulons encourager la méritocratie. Les initiateurs du CET sont les premiers exemples à subir l’application de ses critères s’ils doivent et veulent prendre part à cet effort du relèvement du Congo.

Par ailleurs, si certains pensent qu’il y a un oubli quelque part pour ce cas de gouvernement technocratique, prière de nous le faire savoir. Nous sommes ouverts aux suggestions, tout est conçu pour le bien de tous et non pour le bien d’un groupe précis qui se cacherait quelque part, comme d’aucuns tendent à le penser, voire le pensent.

3- Le facteur temps.

Nous sommes d’accord que dans l’institution du gouvernement, il faut considérer le temps nécessaire pour décider de la composition du gouvernement. On a vu des tractations prenant parfois des mois pour la constitution d’un gouvernement. Mais cela n’est jamais le cas pour la constitution d’un gouvernement technocratique pour la raison ci-après.

Etant donné que cette décision réglant le temps est mêlée aux controverses politiciennes et vicissitudes partisanes, elle sera rapide ; et cela contrairement aux négociations entre les organisations politiques à la recherche des éternelles conciliations pour chacune, afin d’agggrandir son capital politique.

Pour ce qui est du calendrier du recrutement, il est inutile de vouloir recréer la roue. Nous pouvons appliquer la simple formule de recrutement du professionnel en usage pour le gouvernement fédéral des USA ou même du Canada. Et c’est vite réglé.

À l’attention de tous, nous pouvons préciser qu’il existe une grande différence entre un gouvernement technocratique et un gouvernement politique qui utilise des techniciens. Ne pas surtout confondre les deux ou mélanger les choses. Il est très rapide de constituer un gouvernement des technocrates. On a, par le passé, largement parlé de l,efficacité et de la rigueur en ternes de redressement de la gestion administrative des technocratesm poir vu qu’ils prennent en comptem intègrent le bien-être social dont ils ont souvent été par le passé accusés de négliger en contexte européen et amrticain surtout. Mais le contexte congolais fait de la prise en conpte du bien-être des populations une obligation et une des priorités.

Le CET n’est valide que pour la transition. Comprenons-nous bien. Cette précision s’adresse à ceux qui ne voient que la prise de pouvoir et la course au positionnement. Après la transition appelée à préparer la période électorale, la personne choisie par les Congolais (à la tête du CET (citons indistinctement : Fayulu, Monsengwo, Tshisekedi, Mukwege, Lutundula, Marini Bodho; Jimmy Carter, etc.) pour organiser les élections, le fera selon les règles : leaders des partis politiques ou indépendants, projets de société, programmes politiques, campagnes et votes des citoyens, etc.

Cette phase est différente du court temps de transition dont nous parlons et qui implique l’action rigoureuse du CET et ses technocrates (dirigés par une direction collégiale qui a son président ou son coordonnateur) pour assainir le gestion du Congo.

Le défaut chez nous Congolais consiste à penser (face à une initiative ou une proposition faite pour aider le pays) toujours en termes d’appropriation de pouvoir par un individu ou un groupe pour son intérêt personnel. Il nous arrive très rarement de penser pays et de voir dans une initiative le bien visé par-dessus tout pour le pays. Si bien que les accusations fusent de partout jalonnant l’initiative du début à la fin au point de ne trouver satisfaction auprès des détracteurs qu’à l’anéantissement total de cette initiative, proposition ou projet. C’est là notre grand dommage. L’encouragement et le support ne ciendront jamais dans ce contexte de la part de ceux qui sont supposés le faire.

5- Triste interrogation face aux suspicions inutiles.

Enfin, les universitaires congolais, technocrates soient-ils, avec leurs compétences, leurs riches expériences professionnelles acquises ailleurs (en Amériques, en Europe, en Asie, en Afrique, etc.) et au regard de la souffrance énorme de leur pays (souffrance pour laquelle ils décident de consentir des sacrifices en voulant aller donner le meilleur d’eux-mêmes pour redresser la situation) se compromettraient-ils vraiment en se comportant comme un lobby d’exilés qui irait s’emparer de façon malicieuse (dites-vous) des institutions nationales du Congo ? Nous ne le pensons pas. Et essayons juste d’être modérés dans nos propos, et que la course au pouvoir ne nous mène pas plus loin au débordement langagier. Aucun des initiateurs du CET, rassurons-nous, ne se bat pour le poste de président de la République, si c’est cela qui préoccupe et trouble les uns les autres.

Les initiateurs du CET n’ont fait qu’une proposition dont l’équipe concrète (avec des individus connus) ne sera matérialisée que sur place au Congo sur la base des critères indiqués. Cette équipe est ouverte à tous les candidats congolais qualifiés. Évitons les suspicions non fondées.

*Ne soyons pas prêts simplement à accueillir les inconnus, les non-instruits et non-éduqués qu’on nous envoie pour nous diriger en nous résignant sans force devant eux, mais quand arrive le moment de soutenir les nôtres qui sont bien connus, bien instruits et bien éduqués, nous nous constituons nous-nous en leurs premiers obstacles, voire ennemis = ennemis du pays. Nous avons à nous interroger, voire à nous interpeller mutuellement.

Nous espérons avoir répondu à l’essentiel soulevé dans les questions affichées et celles nous envoyées en privé. Et surtout qu’on y reviendra pas pour la énième fois.

 

 

Ikonga Wetshay
Prof.

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