RÉPONSES AUX QUESTIONS DU COMPATRIOTE P. NZOGU RELATIVES AU C.E.T.( Avril 2017 par Ikonga Wetshay)

C.E.T.

 

RÉPONSES AUX QUESTIONS DU COMPATRIOTE P. NZOGU RELATIVES AU C.E.T.

 

I- QUELQUES ÉLÉMENTS INTRODUCTIFS.

 

  1. Ceux qui ont suivi le projet depuis le début de sa présentation, et ceux des Congolais qui en prennent connaissance en retard.

 

Certains compatriotes ont suivi, il y a déjà un an et quelques mois, le lancement du projet C.E.T (Corps Exécutif de et pour la Transition) pour la RDC; un projet qui a été lancé au même moment que la lettre adressée aux 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU. D’autres Congolais en ont pris connaissance un petit peu en retard. D’autres encore viennent certainement, ou en toute hypothèse, d’en prendre connaissance maintenant: depuis peut-être 3 à 4 mois.

Nous voudrions juste demander à ceux qui assistent, il n’y a pas longtemps, à ces échanges sur le projet CET et qui n’ont pas eu le temps de lire cette proposition de projet, de même que la lettre que les auteurs de cette dernière et concepteurs de ce projet avaient adressé, en leur temps, aux représentants de 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, de prendre soin (pour éviter toute improvisation  et toute injection imprudente d’idées peu appropriées) de lire en entièreté le contenu de ce projet et de se renseigner sur les échanges qui avaient déjà eu lieu afin de nous éviter une certaine perturbation dans l’évolution générale des échanges qui s’y rattachent, et surtout de nous éviter des REDITES ennuyeuses y relatives, eu égard au fait qu’il y a risque de malentendu sur un aspect ou un autre non bien maîtrisé.

 

*Je note qu’il y a des choses qui avaient été déjà dites en réponses aux questions tout aussi déjà posées une fois, deux fois, voire trois fois. Et c’est toujours assez lourd, dans un échange qui suit son cours, de devoir constamment revenir sur des aspects qui ont déjà trouvé leurs réponses au cours des échanges.  Qu’il plaise aux retardataires, comme des grands adultes, de trouver des précisions nécessaires qui leur manquent auprès de ceux et celles qui sont au parfait des échanges depuis le début. Cela évitera de nous retarder. C’est vrai que l’inconvénient dans tout cela, est que si on ne s’arrête pas pour répondre au(x) retardataires(s) qui veulent tout comprendre d’un seul coup, on reste avec l’impression que les répondants  que nous sommes (= concepteurs du CET et auteurs de la lettre à l’ONU ainsi qued’ autres compatriotes adhérents) sommes incapables d’expliquer certaines choses. Or, paradoxalement, celles-ci avaient déjà été expliquées, élucidées bien avant. Voilà pourquoi il conviendra simplement de passer à l  ‘essentiel, c’est-à-dire à répondre au point soulevé du moment. Cette approche (consistant à ne pas retourner aux réponses passées) frustre souvent et pousse parfois certaines personnes peu compréhensibles à des attaques personnelles ciblées à l’endroit des concepteurs du CET. Cela devrait être évité en laissant place à des échanges courtois permettant la compréhension et l’approfondissement mutuels des idées avancées par les uns les autres.

 

*Précisons que lorsqu’on vous répond sur des attaques personnelles non justifiées, par ce que le répondant est, lui aussi, appelé à se défendre contre une accusation infondée, s’il vous plaît, ne versez pas dans la nervosité et l’émotion en crachant toute votre colère,  laquelle finit par perturber l’échange qui se voulait cordial au départ. Alors, pour éviter de succomber à ce stade sentimental, la meilleure approche est d’éviter de confondre le point du débat lié au CET à l’individu qui débat avec vous (avec moi, avec nous).  Cette prudence ou précaution préalable permet d’éviter des frictions inutiles qui empêchent que l’essentiel du point soulevé soit débattu. Par exemple, lorsqu’on répond à une attaque personnelle dirigée contre soi et qui exige à la personne attaquée d’exposer son parcours ou sa formation,  plusieurs Congolais ne l’apprécient pas, ils en sont allergiques, car une telle présentation est perçue comme une auto-exhibition présomptueuse. Dans ce cas, soyons plutôt  plus exigeants envers des personnes qui provoquent ces genres de situations, c’est-à-dire ceux qui se lancent les premiers dans ces types d’attaques individuelles.

 

  1. Les points d’achoppement dans ces échanges sur le CET.

 

Depuis qu’on a entamé les échanges sur le contenu du CET, les points d’achoppement et qui font presque continuellement l’objet de débat (si j’en oublie certains, prière de me les rappeler) sont essentiellement : 1) la question du recours à l’aide de l’ONU et 2) la question des technocrates congolais comme principaux acteurs de la transition (à laquelle est liée celle de leur choix) ou comme co-acteurs aux côtés de quelques représentants de l’ONU, ainsi que 3) celle de la durée de la transition et celle des secteurs dont il faut s’occuper prioritairement   en période de transition mais qui ont été rapidement abordées avec des ébauches de réponses fournies sans écueils.

 

*La question du recours à l’aide de l’ONU au sens d’accompagner les congolais et celle des technocrates congolais (premiers acteurs majeurs de la transition) impliquant les enjeux de leur choix (critères de choix et comment les choisir), avaient déjà eu de réponses précédemment tout au long de l’année 2016. Mais il y a comme un désir de vouloir en savoir davantage pour s’assurer que ce processus de choix se fera sans écueils. On peut le remarquer par le fait d’y revenir constamment, malgré les explications claires fournies de temps en temps en réponses aux questions incessantes, donnant ainsi l’impression, pour des raisons non élucidées, de ne vouloir rien comprendre, de tout refuser ou même de torpiller le processus du choix dont les critères sont bien indiqués dans le projet CET lui-même.

 

  1. Courte adresse à Monsieur Pascal NZOGU.

 

Compatriote NZOGU, vous savez très bien que les échanges avec vous, en cette matière (ponctués par une longue série des questions) ont été longs et sincères tout au long de l’année 2016. Et qu’à la suite de plusieurs et diverses questions que vous avez soulevées, des réponses claires (à mon avis satisfaisantes) avaient été données et on avait fini par clôturer ces échanges dans la seconde moitié de l’année. Je me souviens même avoir dit : «Je crois avoir répondu à toutes vos questions et espère ne plus y revenir. »

 

Mais, aujourd’hui, certaines de ces questions déjà débattues reviennent avec un accent parfois plus fort voire amer :

 

1) le recours à l’ONU que vous ne cessez de dénoncer, en arguant l’absence de base juridique, en dépit des explications fondées  fournies;

2) l’option des technocrates congolais, malgré l’élucidation faite de la raison d’être de cette option dans le contexte spécifique de la crise congolaise d’aujourd’hui;

3) le soutien d’un des 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, en dépit de ce que je vous avais dit de rassurant à ce sujet, etc., pour ne m’arrêter que sur ces quelques points importants.

Devrions-nous ou devrons-nous y revenir sans cesse? N’est-ce pas vous avez tous nos échanges certainement bien archivés chez vous, de la même façon que moi je les avais archivés chez moi ? Pourquoi voulez-vous nous faire continuellement ce travail fastidieux de répétition et de retour en arrière, au lieu d’avancer avec des nouvelles idées, des nouveaux ajouts complémentaires ou encore des nouvelles propositions plus enrichissantes venant renforcer le projet CET ?  Ou tout simplement soumettre aux Congolais un autre projet plus valide de sortie de crise.

Vous exprimez souvent votre opposition au projet CET sur la base des points indiqués ci-dessus. Mais que faites-vous des explications fournies par-dessus lesquelles vous passez pour revenir aux mêmes questions? Vous pouvez aussi nous en dire un peu plus.

Bien évidemment, nous reconnaissons que certaines de vos remises en question des options contenues dans le projet CET s’accompagnent des indications à suivre éventuellement, en termes de possibilité, mais ces dernières sont toujours ponctuées d’un certain degré de scepticisme, mais offrir d’alternative. Qu’en dire?

 

  1. Aspects jugés essentiels auxquels répondre.

 

*Une fois tous ces éléments indiqués, nous souhaitons répondre juste à quelques points nouvellement soulevés qui nous semblent essentiels pour l’évolution actuelle de la situation au Congo. Pour le reste, les échanges précédents peuvent aider à fixer ceux qui sont moins au courant des détails entourant la proposition. Sauf s’il y a besoin d’élucidation d’un point particulier déjà débattu dans le but de fixer les retardataires qui ont pris le train en marche et qui n’ont pas l’éclairage nécessaire sur l’ensemble du projet.

 

II- RÉPONSE À QUELQUES ASPECTS SOULEVÉS PAR P. NZOGU LIÉS À SA LECTURE DU PROJET ‘’C.E.T.’’

 

  1. Précision de départ.

 

*Vous avez intitulé votre intervention : « Motifs globaux du rejet de la mouture actuelle du CET ».

Iko nga  Wetshay : Voudriez-vous plutôt intituler cette intervention : « Motifs globaux personnels de rejet de la mouture actuelle du CET »

 

*a) Je mets l’accent sur le qualificatif «personnels’»  par ce que ces motifs de rejet, dont vous parlez, sont personnels à Nzogu et, de ce point de vue, on ne peut les généraliser pour les étendre à tout le monde, au risque d’une généralisation abusive. Il s’agit du propre regard, de l’appréciation personnelle du CET par Monsieur Nzogu. Celle-ci ne peut être imputée à tous les Congolais dont plusieurs approuvent cette proposition et l’assument, comme on le voit dans les échanges sur le Net, sans compter les approbations données par téléphone.

 

*b) J’indique que le 2e aspect parlant du CET comme « porteur des vices que les concepteurs du CET  reprochent à la classe politique actuelle » n’est pas repris et développé par vous-même, NZOGU, dans la suite de votre texte.  En ce sens, on ne saurait vous répondre, cher compatriote, car il manque de contenu à considérer et auquel répondre.

Vous abordez juste le 1er point (« Soutien nécessaire d’un membre permanent du Conseil de Sécurité »), ensuite vous passez au 3e point (« Autres faiblesses de votre projet »). Et vous terminez avec le 4e point : « Pourquoi ce projet-là, ‘’technocratique’’, et non votre implication plus politique? ».

 

  1. Réponses proprement dites.

 

1-Soutien nécessaire d’un membre permanent du Conseil de Sécurité.

 

Réponse : nous avons déjà répondu à cette question, et vous le savez bien. Mais apparemment, il nous semble que vous recherchez plus que la réponse rassurante qui vous avait été donnée. Mais quoi au juste? Une preuve de ce soutien ?  En lettre écrite ? Mais pensez-vous que dans toutes les démarches liées à un tel projet, on doit tout exposer au public à l’internet ? Ce serait naïf, je le crois.

 

2-Pour le second aspect, nous attendrons votre exposé sur les mêmes vices que nous reprocherions à la classe politique congolaise et qu’on retrouverait dans le projet CET. Vous connaissez les vices en question et on aimerait les savoir.

 

3– ‘’Le CET contraire à la charte de l’ONU dans la forme et dans le fond’’, dites-vous ?

 

Sauf qu’en affirmant ainsi les choses, vous n’avez pas indiqué comment concrètement le CET est contraire à la charte dans la forme d’abord et dans le fond ensuite. Il faudrait le montrer explicitement, en indiquant clairement :

1) Contradiction dans la forme : + explications

2) Contradiction dans le fond : + explications.

 

Dans cette logique explicative, notre réponse peut facilement suivre. Sinon, on ne peut rien dire, au risque de répondre à quelque chose de très floue qui appelle aussi une réponse moins claire. Nous évitons cela.

Vous avez certainement votre compréhension de cette contradiction ou opposition du CET à la charte de l’ONU.  Mais il faudrait bien l’articuler pour éviter un malentendu et surtout pour la compréhension de tous, étant donné qu’il existe toujours des interprétations qui induisent certains en erreur. Nous n’avons pas vu cette élucidation dans votre texte.

Certes, vous parlez de l’absence de « mise sous-tutelle » dans la charte de l’ONU pour un pays indépendant comme la RDC, mais réservée uniquement pour des territoires à décoloniser (le Kosovo, le Timor Oriental, etc.).

 

Réponse. Voir le chapitre VII de la charte, relativement à sa mission certes pour des pays en situation de crise. L’élément important à retenir est que le droit n’est pas figé. Il s’adapte aux réalités. Il est évolutif en fonction de situations et, par-là, dynamique. Celles-ci (les situations  donc) ont des contextes qui font jurisprudence. Le droit contemporain intègre ces nouvelles situations en y apportant des protocoles supplémentaires là où le droit international coutumier ou classique  semble figé en s’en tenant aux dispositions antérieures déjà fixées. De ce point de vue, on doit dépasser une lecture littérale de la charte en matière de droit lié aux divers contextes de crise, et, dès lors, y percevoir la place de la RDC dans sa récurrente et multiforme crise actuelle. En ce sens, la base juridique s’y trouve pouvant permettre le changement de la mission de l’ONU : le passage d’une mission d’observation à une mission de stabilisation, et d’une mission de stabilisation (toujours en fonction du contexte de la crise et donc de son ampleur) à une mission de combat et de protection des civils, etc. Cf. le passage de la MONUC à la MONUSCO, etc. Lire donc le droit en fonction aussi de contextes faisant jurisprudence.  Rester juste dans la lecture littérale de la charte des Nations-unies, depuis la création de cette institution internationale après la seconde guerre mondiale, aurait rendu l’ONU caduque car inadaptée, dans plusieurs de ses stipulations, aux nouvelles situations.

 

*Herman COHEN s’exprime ci-dessous dans le même sens :

 

« Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté plusieurs résolutions sur la RDC depuis le début de la crise politique à la fin de 2016. Maintenant que l’anarchie politique s’est installée, que devrait faire l’ONU? Une force de maintien de la paix de l’ONU, la MONUSCO, opère en RDC depuis 2005, avec le mandat de protéger les civils.

Peut-être est-il maintenant temps pour une réflexion créative sur la RDC par le Conseil de sécurité de l’ONU. La décision de ne prendre aucune mesure à ce stade ne contribuerait qu’à la «légitimation» de l’anarchie et à la rupture potentielle de l’ordre.

Il y a un précédent pour la prise de contrôle temporaire par les Nations Unies de la souveraineté. La Namibie, le Cambodge et le Timor oriental sont des exemples appropriés. A titre de rappel, il y a un précédent historique vers les années 1960s aussitôt l’accession du Congo à l’Independence. Par suite de nombreuses ( situations) d’anarchie et mouvements de sécession, le Président Eisenhower était confronté au même dilemme : Laisse le Congo sombrer dans le chaos ou intervenir ?

Il n’était pas question d’envoyer les forces de l’OTAN pour ne pas ralentir les mouvements de la décolonisation. C’est ainsi que la décision fut prise de mettre la RD Congo sous tutelle des Nations Unies. Aux mêmes maux, mêmes remèdes dit-on.  Bien que la situation courante n’est pas similaire à celle des années 1960, il est maintenant pertinent pour l’ONU d’examiner la RDC dans un contexte similaire.  De ce fait, l’ONU prendrait le control de la RD Congo pendant quelques mois pour départager tous les politiciens, le temps d’organiser les élections et remettre le pouvoir au président élu. »

 

*En dehors de Herman COHEN, nous irions moins dans la direction de la mise sous-tutelle que dans le sens d’une administration spéciale jouant le rôle d’accompagnatrice de la transition congolaise, avec acteurs majeurs et de premier ordre les Congolais eux-mêmes en la personne des technocrates dont nous parlons depuis, soit-il chapeautés par un président congolais élu..

 

*La résolution suivante, ci-dessous, de mai 1996 de l’Assemblée Générale de l’ONU (une forme d’addendum à la base juridique) permet aussi aux États de faire appel à l’ONU pour une aide ou une assistance opportune selon le contexte :

1/ Voir A/49/495, annexe. Assemblée générale Distr. GÉNÉRALE A/RES/50/225 1er mai 1996 Cinquantième session Point 12 de l’ordre du jour

A/RES/50/225

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Consciente de la diversité de l’expérience acquise selon les différents systèmes administratifs, ainsi que des conditions politiques, sociales et économiques propres à chaque pays,

Sachant que l’efficacité de la gestion des affaires publiques suppose la présence, dans tous les pays, d’une administration publique efficace qui puisse répondre aux besoins de la population, promouvoir la justice sociale, assurer à tous l’accès à des services et à des facteurs de production de qualité et créer un climat favorable à un développement durable centré sur la population,

Réaffirmant qu’il est important d’améliorer la qualité de l’administration publique en se fondant, notamment, sur une conception participative du développement,

Déclarant que l’Organisation des Nations Unies a pour rôle d’aider, sur leur demande, les gouvernements à assurer le maintien de fonctions et de services gouvernementaux de base en période de crise et d’élaborer des stratégies de reconstitution d’une administration publique viable dans les pays qui, après un conflit, s’attellent au relèvement et à la reconstruction,

Prenant acte du fait que le système des Nations Unies, répondant aux demandes des États Membres intéressés, a élargi son appui à l’administration publique en y incluant divers aspects de la bonne gestion des affaires publiques, y compris la réforme démocratique, juridique et judiciaire, et le renforcement de la société civile,

Estimant que, dans tous les pays, les pouvoirs publics devraient rendre leurs procédures transparentes de manière à éviter et à combattre tous les actes de corruption,

Consciente du rôle important que joue le secteur public dans le processus de développement et soulignant la nécessité d’améliorer la mise en valeur et la gestion de ses ressources humaines en adoptant, notamment, des mesures d’incitation appropriées, à l’échelon national,(…)

 

4- ‘’Le CET, un projet ambitieux’’, dites-vous ?

 

Réponse.  Il faut un projet ambitieux qui mobilise les énergies et contraint à l’effort pour la résolution de la crise. L’ONU, institution internationale, créée après la seconde guerre mondiale (avec une crise majeure ayant nécessité de l’ambition et des gros moyens pour assurer son existence permanente) œuvre effectivement en permanence depuis le temps de sa création (jusqu’à présent) pour répondre aux défis mondiaux qui se présentent à elle afin de se conformer à sa vocation, à ses misions. Dans cette optique, la crise congolaise ne lui est pas insurmontable et l’ambition du CET ne l’anéantit pas. Bien au contraire, l’ambition du CET permet de mesurer la forte préoccupation de ses concepteurs pour un déploiement des efforts colossaux devant venir à bout de la crise qui sévit en RDC.  Et, en cela, les 5 membres permanents du Conseil de Sécurité (qui sont les principaux soutiens majeurs, financièrement et matériellement, de l’ONU) ne peuvent y voir qu’un encouragement à coopérer avec ceux qui se démènent ainsi pour leur pays, au lieu de croiser les bras.

 

5- ‘’Évaluation négative du travail (ou des missions) de l’ONU et l’espoir fondé sur les nationaux eux-mêmes pour faire avancer leurs États’’, soutenez-vous?

 

Réponse. L’ONU n’a jamais prétendu que ses missions accomplies, ou en pleine accomplissement, seront toujours évaluées positivement ou accomplies avec succès. Les échecs ou les possibilités de ces échecs y sont toujours inscrits, envisagés voire pris en compte, en vue des réévaluations, de plus d’efforts et de plus de moyens pour mieux faire ou agir.

*Justement, le CET n’a jamais exclu les nationaux de sa proposition, de sa perspective. Bien au contraire, le CET inscrit les Congolais dans sa perspective opérationnelle de la transition, en leur donnant un rôle majeur des principaux acteurs de la transition. D’où l’enjeu des technocrates congolais dont nous parlons sans cesse et continuons à parler avec insistance depuis plus d’un an. L’ONU a fortement besoin des Congolais (comme nationaux) pour réaliser sa mission sur le terrain, étant donné que ce sont eux (les Congolais donc) qui maîtrisent les réalités de leur pays. La peur bleu que manifestent certains compatriotes de voir la prise en compte, le recrutement et l’insertion des technocrates congolais (= nos nationaux) dans la période de transition pour ce temps de crise ne s’explique pas, d’autant plus qu’ils seront accompagnés de ceux qui ont plus d’expérience qu’eux en gestion de crises majeures.

 

*Quand nous disons « accompagnement de l’ONU ou supervision de l’ONU », l’enjeu majeur pour nous est l’expérience en temps de crise qu’ont les pays membres permanents du Conseil de sécurité (dont certains sont les partenaires bien connus du Congo) et la capacité (en raison de moyens costauds qu’ ils ont) dont ils disposent pour outiller les Congolais et les accompagner dynamiquement dans cette assomption de la transition. Imaginons que le budget du Congo a été anéantit et réduit simplement 4 milliards de dollars. Était-ce là un stratagème pour prendre tout le pays en otage en rendant difficile la gestion nationale par ceux qui prendraient les commandes du pays après? Un budget national qui ne vaut pas un seul instant celui de chaque province canadienne, voire celui d’une grande université canadienne. Quels sont ces dirigeants congolais ayant la capacité (entendez moyens financiers et matériels), en un temps aussi court ou raisonnable, pour ne pas dire un temps record, sans l’aide de ces mêmes pays membres permanents qui portent essentiellement l’ONU, de ramener en un État digne avec un fonctionnement institutionnel standard la RDC?   Dire ‘’nous sommes capables de…’’ est une chose; mais le prouver concrètement dans l’action salvatrice inversant totalement la tendance, en est une autre. Pas toujours facile de reconnaître ses propres faiblesses.

 

7- ‘’La CENCO invitée à l’ONU à New York et pas les concepteurs du CET’’, vous demandez-vous ?

 

Réponse. Tout à fait, et cela est normal et légitime que la CENCO, représentation de la médiation officielle et légitime dans la crise congolaise, soit invitée pour être écoutée  sur la situation de la crise qui perdure et aboutit à l’impasse politique. Les concepteurs du CET ne peuvent l’être, dans la mesure où ils n’ont pas de statut légal ni légitime officiel conféré par leur pays et qui les en autorise. Ils sont juste des simples professionnels privés voués bénévolement à la cause de leur pays. Quiconque (tout Congolais qui) se sent confortable dans cette perspective et appelé à apporter sa contribution à l’effort collectif pour aider le Congo à s’en sortir, s’y engage, et c’est sans contrainte.  Le CET ne peut être invité à la Tribune des  Nations-Unies  que si la mission de conduire la transition lui est officiellement confiée. Pour l’instant, cette mission ne lui est pas encore officiellement confiée.

 

8- ‘’Possibilité de la considération du CET si un des 5 membres permanents du Conseil de Sécurité soutient l’initiative du CET’’, estimez-vous?

 

Réponse. Nous avons déjà répondu à l’affirmative en ce qui concerne ce soutien. Mais nous avons indiqué qu’il y avait encore des choses à finaliser. Ce qui suppose qu’à ce stade, la réserve est de mise.

 

 

III- D’AUTRES FAIBLESSES DU C.E.T.?

 

1-‘’Si le projet CET était accepté par  les 5 membres permanents  du Conseil de Sécurité, avec enjeu le facteur humain’’, contre-balancez-vous?

 

Réponse.  Cela est possible. Rien à dire là-dessus.  Il faudrait, dans ce cas, mettre en marche ou déployer tout ce dont nous sommes capables chez nous pour parvenir à se résoudre. Il ne sera pas question de pleurer, nous convenons.  Le facteur humain est toujours présent dans chaque combat qui engage l’effort et met en jeu la psychologie.

 

2- ‘’Identification et mise en place des technocrates sur la base des suggestions des concepteurs du CET’’, souhaitez-vous?

 

Réponse.  Le choix des technocrates congolais se fera en tenant compte du critérium appliqué dans les pays avancés de vieille démocratie (Canada, USA, France, Allemagne, Grande Bretagne, Belgique, Suisse, Italie, etc.), non sans prendre en compte nos réalités en RDC.  Ils ne sont pas des technocrates voués à la cause des concepteurs du CET. Ils sont des technocrates congolais appelés à œuvrer pour le bien du Congo et de tous les Congolais, car le Congo est pour tous les Congolais; il n’est pas la propriété privée d’un individu qui peut en faire ce qu’il veut : une conception erronée dont s’est approprié certains chefs d’État congolais jusqu’à conduire tout le Congo à son insignifiance actuelle.

 

3- ‘’Comment recruter ces technocrates congolais?’’, vous interrogez-vous ?

 

Réponse.  L’approche pour recruter les technocrates congolais est déjà connue et consignée dans un document qui sera remis à qui de droit pour sa publication et sa vulgarisation, le moment venu.  Quant à la bataille prévisible pour la sélection de ces technocrates, comme on le voit à travers les polémiques qui déchirent la classe politique actuelle, cela n’est pas exclu. Mais les dispositions sont prises anticipativement pour favoriser un accomplissement paisible et rassurant.

 

4- ‘’Les éminentes personnalités scientifiques citées (Mudimbe, Nzongola, Matungulu, Mabi, Ndaywel, Kä Mana, Tshiani, etc.,elles sont nombreuses dont plusieurs d’entre nous, y compris vous-même) : sans garantie pour leurs compétences et leur honnêteté plus que le commun des politiciens congolais’’, affirmez-vous?

 

Réponse.  Il faut se risquer des choix, en apparence, rassurants et féconds. Le risque zéro de se tromper n’existe pas. Qui ne risque rien n’obtient rien.  Si parmi ces technocrates congolais, certains se trompent, s’égarent et se fourvoient, d’autres (la majorité, je le pense) feront du bon travail, en raison de la bonne éducation et de la haute instruction de qualité qu’ils ont reçues dans diverses grandes universités du monde, ainsi qu’en raison de leurs expériences professionnelles et compétences avérées dans leurs milieux professionnelles tant dans les pays d’accueil qu’au Congo même, tels que peuvent l’attester les attestations écrites, les recommandations et globalement leurs CVs.

 

5- ‘’Pour la politique, il faut des politiciens’’, dites-vous avec assurance ?

 

Réponse.  Nous n’en disconvenons pas. C’est comme pour la santé, il faut des infirmiers et des médecins. Mais il convient de noter qu’il n’y a jamais eu, dans la perspective du CET, d’exclusion absolue des politiques congolais de la scène politique en RDC.

*Nous voulons juste changer de recette : laisser temporairement de côté, en temps de transition liée à la crise, la gestion exclusive du pays par les politiques de carrière qui ont engendré délibérément la crise et amené le pays à son état hideux actuel. *On dit que lorsqu’une recette à laquelle on est habitué ne fonctionne pas ou plus, il faut essayer une autre, une nouvelle, surtout si le contexte l’exige, afin d’en tester l’efficacité et les voies nouvelles de réussite et de survie.

En Occident, nous le savons tous, on n’aime pas la monotonie car elle est moins créative : elle donne lieu à moins de nouveauté et d’innovation. Et l’absence de créativité induit l’absence de dynamisme. La réalité de la crise profonde du Congo nous contraint à une variation de recette : essayer de faire entrer, en scène politique, les technocrates congolais pour une courte période de transition afin qu’ils mettent à contribution ce qu’ils ont acquis de plus solide et précieux ailleurs, impliquant l’apport de ceux du terroir. Cela permet de voir et d’apprécier ce qu’ils peuvent inaugurer dans la gestion du pays. Ce qui n’exclut pas l’utilisation des politiques carriéristes dans certains postes nécessitant leur intervention. En raison de cette approche, il faudrait, en ce moment là, garder les politiques carriéristes pour la période post-transition, lorsque les technocrates (sans ambitions politiques de perpétuer leur présence dans l’arène politique) auront cédé la place pour retourner à leurs professions régulières ou habituelles. Cette affirmation répond déjà à la question  du pourquoi du non-engagement politique des technocrates. Ils ne peuvent s’engager durablement dans le temps en politiquement car ils ne sont que des professionnels  ont fait une mise en disponibilité pour une durée déterminée dans leur travail afin d’aller aider leur pays en temps difficile et ensuite revenir reprendre leur travail une fois cette mission ou engagement terminé.

 

Si ce que nous disons n’est nullement pertinent, il faudrait alors une recette, solution alternative, concrète et  immédiate. Il ne suffit pas juste de dire : oui, nous sommes capables nous-mêmes de…, ensuite, on s’arrête et on finit, à nouveau, par tendre la main aux mêmes Occidentaux qui soutiennent la même ONU dont on refuse la présence chez nous sous prétexte d’arrachement de notre indépendance! Une contradiction, non? Refuser est une chose, mais trouver de solution de remplacement en est une autre. Les Congolais continuent à dépérir; ils sont fatigués de continuer à attendre cette solution qui doit venir de nous : la recette congolo-congolaise prônée (sans aide de l’ONU et, par-là, sans l’aide des pays occidentaux qui la soutiennent solidement) par certains d’entre nous.

 

IV- POURQUOI CE PROJET ‘’TECHNOCRATIQUE’’, ET NON L’IMPLICATION PLUS POLITIQUE  DES CONSEPTEURS DU C.E.T.?’’,  VOUS DEMANDEZ-VOUS.

 

1- ‘’Pourquoi le choix des technocrates, personnalités conceptuellement vagues et sujettes à des polémiques et blocages, et non des politiciens pouvant être améliorés ?’’, vous demandez-vous ?

 

Réponse.  C’est la réponse précédente (voir ce qu’on a dit des technocrates avec des Congolais mentionnés) qui rend bien le sens du terme technocrate. Nous l’avions déjà élucidé par le passé. Ne pas surtout donner l’impression qu’on en a jamais débattu. C’est une variation de recette en contexte de crise en vue de dynamiser la transition. Faire reposer pendant un temps les politiques carriéristes et les polémiques incessantes liées à la distribution des postes. Ensuite, leur céder après la transition afin qu’ils s’occupent de l’œuvre entière de la réédification du pays. Contre votre compréhension estimée floue du terme ‘’technocrate’’, les concepteurs du CET (Corps Exécutif de et pour la Transition) ont bien défini ce terme. Il suffit de relire le document qui articule le CET pour en appréhender la facilité. De ce point de vue, il ne comporte pas d’appréhension vague qui pourrait laisser perplexes les Congolais. Leurs caractéristiques, au départ de leur recrutement : meilleures instruction et éducation, hautes études, riches expériences professionnelles, compétences reconnues, auxquelles s’ajoute le patriotisme.  Si dans l’opérationnalité concrète, la rigueur dans l’application des règles, des principes, de la loi pour maximiser les résultats et changer la situation réelle des gens (pour consolider et élever leur niveau de vie) s’impose, une prise en compte des services à rendre socialement aux populations en souffrance leur est recommandée fortement, sans réduire leur rigueur scientifique avérée.  Bien sûr, cette rigueur pour laquelle ils sont reconnus, dans l’accomplissement de leur tâche et leur forte préoccupation de parvenir impérativement aux résultats positifs tout en marginalisant, dans une certaine mesure le sort social (la situation concrète) des populations, leur a valu de réévaluer et d’ajuster le tir : ajuster la rigueur scientifique dans l’accomplissement des tâches qui leur reviennent pour atteindre les objectifs fixés à cette exigence de rendre service au populations en souffrance socialement. Dans le passé, les sociologues .étaient divisés sur leur rôle. Finalement un consensus fut dégagé. Et le contenu que nous conférons aujourd’hui aux technocrates y procède.

 

*Vous avez dit « politiciens améliorés », préférés aux technocrates ?

 

Réponse. Dites-nous votre approche concrète apprêtée pour améliorer ces politiciens congolais (fichus, sous-entendez-vous?). Comment allez-vous procéder pour les améliorer? Car il n’y a apparemment que vous qui en avez le secret. N’en ayant pas la solution, nous avons préféré l’option des technocrates.

 

2- ‘’Le CET : ambitieux, flou et irréalisable’’, soutenez-vous ?

 

Réponse. Nous avons plus expliqué le sens de son ambitionIl faudrait maintenant que M. Nzogu exprime le caractère flou et irréalisable du CET (auquel, lui seul, Nzogu avec un petit groupe qu’il influence négativement contre le CET, croit) pour qu’il puisse avoir une réponse de la part des concepteurs du CET.

 

3- ‘’Identification déjà faite des technocrates supposés être supervisés par l’ONU  (leurs noms et le pourquoi de l’absence du démarrage de leur travail)?’’, vous demandez-vous ?

 

Réponse.  Les concepteurs du CET (qui sont en même temps signataires de la lettre adressée aux représentants des 5 pays membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU) ont constitué une liste provisoire d’éventuels technocrates congolais. Celle-ci doit être complétée. Mais, encore une fois, la tâche de recruter réellement ces technocrates congolais, pour la gestion de la transition, revient plutôt à qui de droit dans notre pays conformément à l’accréditation et à la légitimation accordées au groupe qui méritera ce choix. Si c’est la CENCO, par exemple (à laquelle revenait, il y a peu de temps, l’assurance de la médiation), qui en assume la lourde tâche, c’est elle sans doute qui l’accomplira et la finalisera. Dans ce cas, tout ce que feront les concepteurs du CET est juste de confier à la CENCO le critérium arrêté pour l’identification et la sélection des plus méritants d’entre les technocrates. Par contre, si cette tâche est confiée aux concepteurs du CET eux-mêmes, aidés des conseillers venus de la part des pays partenaires du Congo qui sont prêts à s’y investir pour accompagner les Congolais (que nous sommes) dans la transition, toutes les dispositions seront prises pour accomplir un travail conséquent.  Il s’agira ici d’un travail de choix qui requiert sérieux, minutie et discernement. On ne peut le confier à des gens peu sûrs.

 

*Vous voulez savoir ce qu’il en est du travail de lobbying? 

 

Le travail de lobbying précède le choix, parfois il se fait en même temps que le choix. Ceux qui doivent être affectés à la tâche nationale de la gestion de la transition feront l’objet d’un choix rigoureux parce qu’il s’agit des personnes sur qui l’espoir de tout le pays repose. On devra apprendre la culture du sérieux dans le travail pour aboutir à des résultats satisfaisants et prometteurs pour tous. Souvent, nos gouvernants font usage des mots dont le contenu est pris superficiellement en considération, ou, tout simplement, n’est pas respecté. Or, en Occident, il est un scandale de faire cela : aller à contre-courant de ce qui est établi, de ce qui est admis par tous. Quand on dit « respecter la constitution », ce respect doit être de rigueur.

 

4‘’Identification supposée accomplie des technocrates qui seraient au-dessus des passions, des miasmes politiques de la RDC’’, ironisez-vous sous forme de boutade?

 

Réponse.  La réponse à cette forme d’ironie ou de boutade ne peut avoir comme réponse que la maxime suivante : ‘’Errare humanum est = se tromper est humain’’. En ce sens, nous dirons ce qui suit : de la même façon qu’il n’y a pas d’hommes politiques parfaits, il n’y a pas et il n’y aura pas non plus des technocrates parfaits. Mais il est toujours encourageant d’en trouver quelques-uns qui sortent de la mêlée pour faire la différence quand tout semble inexorablement s’effriter dans le pays sous nos yeux. L’option pour les technocrates de qualité procède de cette préoccupation. Mais s’assurer à cent pour cent que ces derniers seraient des anges, ou qu’ils seraient au-dessus des passions et des miasmes politiques de la RDC serait trop prétentieux. On ne saurait à l‘avance avoir une telle assurance, sachant que la politique corrompt, avilit. Ce que l’on demande aux politiques congolais, n’est pas de la perfection. Mais juste un effort, comme cela se fait ailleurs dans d’autres pays, permettant de faire du Congo un pays où il fait bon de vivre, un pays à visage humain et non pas un enfer où manger, avoir de l’électricité suffisante, de l’eau potable à boire, une justice normale, devient un luxe! Voilà pourquoi on doit changer de recette pour que les technocrates (et pas les politiciens pourris qui tuent le pays tous les jours et ont du mal, voire ne peuvent eux-mêmes changer) apportent un moindre changement positif en posant les bases d’un État solide qui donne à espérer dans l’avenir du Congo. Il faut oser aller vers une telle option, car, encore une fois, le risque zéro n’existe pas.

 

*Que ceux qui appartiennent à des partis et à des plateformes politiques ne perçoivent pas dans la proposition du CET un projet concurrent des partis politiques prêt à leur voler la vedette et qu’il faudrait, par tous les moyens, combattre ou étouffer dans l’œuf.  Si projets ou propositions il y a (CET et autres), ils sont formulés pour aider le Congo à s’en sortir. Et rien de plus. On ne vent pas le pays et on ne brade pas l’indépendance du pays comme certains osent le prétendre et le reprocher aux concepteurs du CET.

 

*En fait quid de l’indépendance en question?

 

1- De son acception politique, l’indépendance (cf Larousse) :

1) s’exprime comme la situation d’une collectivité dotée, sur le territoire où elle vit, d’organes non subordonnés aux organes d’une autre collectivité.

2) Elle s’exprime juridiquement (de jure) par la souveraineté étatique interne et internationale.

*C’est dans ce contexte que s’inscrit le principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un pays.

 

2- De ses différentes autres acceptions, l’indépendance  est :

1) l’état de quelqu’un qui n’est tributaire de personne sur le plan financier, matériel, moral, intellectuel.

Ex. Son salaire lui assure une totale indépendance.

 

2) Le caractère de quelqu’un qui ne serait pas lié ou qui ne veut pas être soumis aux autres, à la discipline morale, aux habitudes sociales, etc.

Ex. On lui reproche sa grande indépendance de caractère.

 

3) L’état de quelqu’un, d’un groupe qui juge, décide, etc., en toute impartialité, sans se laisser influencer par ses appartenances politiques, religieuses, par des pressions extérieures ou par ses intérêts propres.

Ex. Formuler une critique en toute indépendance.

 

4) Qualité d’un groupe, d’un pouvoir, etc., qui n’est pas soumis à un autre, qui est libre de toute sujétion. Ex. L’indépendance des syndicats par rapport aux pouvoirs politiques.

 

Une fois ces différentes compréhensions données, je vais m’arrêter sur l’indépendance politique (d’une collectivité, d’un pays) qui fait l’objet de nos échanges sur le Net jusqu’à des malentendus.

 

  1. a) L’élément en jeu dans les différentes compréhensions, c’est la non-dépendance et, par conséquent, la suffisance de soi. On décide de son indépendance ou de sa non-dépendance des autres, quand on sait qu’on se suffit soi-même et qu’en toute liberté l’on n’a pas besoin des autres. Autrement dit, je me sens bien ainsi, et advienne que pourra. Un individu peut faire ce choix, un groupe peut faire ce choix et un pays peut faire ce choix. Notre Congo, dans sa situation actuelle, est-il dans une telle suffisance ou mieux autosuffisance?

 

  1. b) La situation opposée (= absence de suffisance de soi, manque, faiblesse, impasse vitale, etc.) imposera alors une autre posture, un autre choix : la nécessité d’un secours, d’une aide, d’une assistance.

*Appliquée à la situation du Congo-Kinshasa actuelle, chacun peut bien voir de quelle côté se penche la balance, ou encore de quel côté nous nous trouvons comme Congolais et notre pays : non pas au point a (= la suffisance de soi), mais bien au point b (= la faiblesse, le manque, l’absence de suffisance et la nécessité de l’aide, de secours).

 

Une fois ces indications données, je dirais que c’est bien le compatriote Jean Pierre KAZU qui a bien compris le problème congolais et le souci du CET, et, dans le même sens, un autre compatriote, Arthur KALOMBO.

Nous ne renions pas l’acte politique historique officiel d’autonomisation de la colonie belge qu’était le Congo, devenu indépendant, via son accession à cet acte historique inoubliable qu’on appelle l’INDÉPENDANCE (politique) proclamée par la Belgique et son roi Beaudouin, à la suite de la quête de liberté inscrite dans le processus d’autodétermination des nations sous domination, favorisée par les Nations-Unies après la seconde guerre mondiale.

Qui effacera cet acte historique et le sacrifice de son Héro légendaire (Lumumba)? Nous en convenons, personne; et, il faut insister, personne! Nul Congolais, dans les quatre coins  du  monde n’osera violer ce gain historique. N’en déplaise aux Belges nostalgiques  d’une colonie incomparable!

 

*Mais, nous nous révoltons contre ce qu’on a fait de cet acte historique, de cette indépendance et qui la vide de sa substance! Au point où quand on en parle aujourd’hui en ayant en face la seconde République de Mobutu et la 3e République en cours, il ne reste plus que des pleurs et des grincements des dents en raison de la quasi dénaturation, de la presque déshumanisation, voire la chosification de l’être des Congolais que nous sommes. Qui vraiment, des pauvres Congolais ou de ses leaders (qui crient indépendance! Souveraineté!,) assassinent vraiment l’indépendance du Congo via Lumumba? Face aux hécatombes sans nom, à la néantisation des innocents enfants, y-a-t-il encore un sens à parler d’indépendance ? Devant la porosité des nos frontières violées au quotidien par les incursions incontrôlées et non maitrisées des pays voisins, avec destructions cyniques de notre écosystèmes, y-a-t-il vraiment indépendance ou souveraineté ? Quand les hordes meurtrières des pays voisins (autrefois considérés comme nos frères) font illico irruption, nuitamment, dans nos maisons pour couper les têtes des nos mamans et leurs bébés mais aussi irruption dans nos hôpitaux pour achever nos malades alités dans leur dernier espoir de survie, et cela, sans nul espoir d’être protégés, peut-on encore on dire : ‘’indépendance!’’, ‘’indépendance!’’, ‘’souveraine!’’, ‘’souveraineté?’’, ou encore dire : ‘’ne bradez pas notre souveraineté, notre indépendance!’’ Peut-on vraiment le dire et en vouloir à ceux qui cherchent de l’aide ailleurs (auprès de l’ONU ou des Occidentaux, soit-elle)? Mais dans ce contexte, de quelle indépendance ou souveraineté parle-t-on encore ici lorsque nous engendrons, au cœur même de notre pays, un tel vide d’indépendance, lorsque nous la défigurons nous-mêmes chez nous par l’instauration d’un tel univers chaotique ?  Dirons-nous que ce sont les Japonais qui nous l’arrachent?  Dirons-nous que ce sont les Coréens qui nous persécutent nuit et jour et assombrissent notre indépendance? Le dépouillement de la substance (sens et contenu) de notre indépendance serait-il, dans le présent de notre vécu, attribué aux Arméniens, aux Russes ou encore aux Norvégiens? Avons-nous toujours la même compréhension de l’indépendance et de la souveraineté dans leur véritable quintessence?

 

*En fait, dans cette espèce de nihilisme actuel, le Congo glorieux que voulait Lumumba ne plonge-t-il pas dans un tohubohu  insignifiant? Dès lors, l’appel à l’aide, le recours à une institution ayant la capacité de nous aider (l’ONU, soit-elle), pour sortir du bourbier actuel, peut-il constituer un scandale, être interprétée comme une traitrise, ou encore donner lieu à un anathème ? Les concepteurs du CET, conscients qu’ils sont de l’impérieuse nécessité de ce secours due à la faiblesse actuelle e notre pays, n’ont pas hésité à recourir à l’ONU, non comme à une puissance de colonisation et d’anéantissement, mais comme à une bouée de sauvetage en temps de noyade.  Ce serait bien surprenant pour quiconque observe cet enfer à ciel ouvert qu’est la RDC actuel que de condamner un tel appel à l’aide pour la RDC.  Si l’appel au secours est mal perçu dans cet univers infernal qu’est devenu le Congo, alors tous les repères sont perdus.

 

*En définitive, il n’y a pas indépendance ou souveraineté, pour un peuple, lorsque tous ceux qui prétendent avoir tout ce qu’il faut pour gérer cette indépendance martyrisent, tous les jours, ce même peuple au nom duquel ils prétendent travailler mais en faisant la même chose que la colonisation, voire pire que cette dernière. Là, il devient urgent de revoir notre sens et compréhension de ce qu’est au fond l’indépendance. On ne brade pas l’indépendance d’un pays lorsque l’on cherche, dans une situation de crise aiguë, à sortir ce pays de son trou, soit-il avec l’aide des Occidentaux ou de l’ONU qu’on n’apprécie pas.

 

Pour terminer.

 

5- Non-ingérence versus droit d’ingérence dans les affaires intérieures d’un Pays.

 

On connaît ce qui commande la non-ingérence dans les affaires intérieur d’un État à partir de l’acte politique d’indépendance d’un pays et des stipulations qui l’entourent. Je ne m’y attarderai pas. Mais le droit d’ingérence humanitaire a été établi, non pas dans le droit international coutumier, ou le droit international classique, mais bien dans le droit contemporain avec les abus qui ont ponctué la gestion des États et leurs dirigeants et qui mettaient en péril la survie des populations civiles ou la survie même de ces États. Bernard Kushner nous sert de témoins pour valider ce qui en est dit.  Si la situation congolaise d’aujourd’hui n‘a pas encore atteint le niveau d’évoquer le droit d’ingérence  humanitaire, manque-t-il de comporter l’urgence d’en appeler au secours, vu le blocage et le placement hors mandat des institutions, sans compter les souffrances de tous ordres observées dans tout le pays?

 

Paix chez vous.

 

Ikonga Wetshay

Avril 2017

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