REPONSE A RENE MENDE PAR PIERRE SULA

 

REPONSE A RENE MENDE PAR PIERRE SULA

 

Dans votre message, vous vous demandez pourquoi la structure organisationnelle du CET n’est pas rendue publique ; vous liez la faisabilité du projet de CET à la légalité, avec le respect de la constitution, et à la légitimité ; vous affirmez que le CET n’apportera pas l’Etat fort attendu par la population. Il semble donc exister une divergence de vues entre vos opinions et ce que nous tentons d’expliquer sans relâche depuis près de deux ans, quant au bien-fondé de ce concept du CET et à ses avantages par rapport à d’autres propositions.

D’abord une simple question : avez-vous un fondement solide vous permetant d’affirmer avec conviction que le CET n’apportera pas l’État Fort attendu par tous  les Congolais ? S’il vous plaît,  ayons moins de préjugés.  Ceux qui sont appelés à  porter la transition via le C.E.T. sont supposé avoir un bon niveau de formation, une bonne expérience professionnelle, un patriotisme attesté, un sens d’intégrité poussé et celui de sacrifice pour le pays ou le peuple congolais. Ils sont ouverts à un  partenariat fécond et à une coopération tant bilatérale que multilatérale avec divers pays avancés, au sens d’être disposés à recevoir de leur part un apport à la fois de la réédification et de la consolidation de l’État congolais. Comment, dans un tel contexte, votre affirmation portée par un préjugé négatif peut-elle avoir de sens ?

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il nous semble important de clarifier l’utilisation que vous faites du terme « faisabilité ». Nous pensons qu’il faudrait ici plutôt parler d’« acceptabilité ».

Revenons en détail sur les points précités :

 

DE LA STRUCTURE ORGANISATIONNELLE.

 

Le projet de CET n’est pas un parti politique, mais une plateforme réunissant des professionnels  et intellectuels congolais qui ont décidé d’opter pour la synergie de leurs efforts afin de sauver la RDC, en suspendant leurs affiliations à des partis et/ou tendances politiques, car ils savent qu’aucun parti politique ne pourra survivre à la mort de l’État congolais. Sauver le Congo en réédifiant l’État et les institutions devrait être la préoccupation de tous les intellectuels congolais, à moins qu’ils ne comprennent pas que la démocratie ne peut être recherchée que pour un État qui existe et qui fonctionne à pleine capacité.

Le projet de CET est géré par un coordonnateur (Pierre Sula) assisté de quatre représentants, situés dans ces zones géographiques : RDC, États-Unis, Canada, Europe, Asie (avec la Chine comme point focal). Nous comptons décentraliser au niveau de l’Europe pour améliorer notre visibilité. Toutefois, nous pensons que la première des mesures pour toute organisation sérieuse décidée à déboulonner un système oppressif est de ne pas exposer ses membres à des coups dont la nature peut changer. Seuls quelques membres chevronnés, tels que nous-mêmes, Dr Jules Miatudila, Dr Andy Kello, Dr Ikonga, M. Lumona, et Dr Paul Olamba peuvent parler ouvertement au nom du CET. Mais, comme nous avons eu à le répéter à plusieurs reprises, la porte du projet de CET demeure grandement  ouverte aux cadres congolais justifiant d’une formation et d’une expérience avérées. Comme le dit le Dr Paul dans l’interview, nous devons mettre fin aux pratiques qui facilitent l’arrivée des parvenus n’ayant aucune formation et aucune expérience de gestion à la tête de l’État – une pratique anormale observée en RDC et qui ne semble plus gêner personne depuis des années. Comment une telle situation peut-elle continuer à perdurer dans un si grand pays avec autant de ressources humaines qualifiées?

 

DE L’ACCEPTABILITÉ, DE LA LÉGALITÉ ET DE LA LÉGITIMITÉ :

 

Ce que vous appelez la « faisabilité » semble plutôt être l’« acceptabilité » par la population ainsi que la communauté internationale. Or, cette acceptabilité du CET ne dépend ni de la légalité ni de la constitution, mais de la légitimité, qui n’existe pas et que nous allons bâtir.

En effet, la légalité se définit comme la soumission aux normes établies par l’administration courante, chapeautées par les normes supérieures inscrites dans la constitution. Mais qu’arrive-t-il quand une personne manipule la constitution pour ses propres intérêts ? On parle ici des ordres« supérieurs » d’un individu qui s’imposent sur la constitution ainsi que sur l’administration (décrets, arrêtés, etc.).

Le remplacement des normes par des ordres d’un individu appuyé par ses amis ou son entourage clientéliste, aussi intelligent soit-il, se traduit toujours par le règne de l’arbitraire, qui est la caractéristique de l’absence d’État de droit, et contribue à l’affaiblissement de l’État.

Les manipulations de la cour constitutionnelle pour se maintenir au pouvoir en dehors de la constitution ont conféré la légalité au président Kabila, et cela, contre toute primauté des normes supérieures. Mais c’est une légalité fondée sur les ordres et non pas sur  les normes.

Alors que la légalité est relative aux lois courantes du pays, indépendamment qu’elles tirent leurs origines des normes supérieures ou des ordres d’un « prince », il ne faut pas la confondre avec la légitimité, qui est une sanction de la société. C’est l’acceptabilité sociale qui rend un pouvoir légitime ; et cela, qu’il soit légal ou non. Ce qui est important, en l’occurrence, c’est donc la légitimité et non pas la légalité. Là où la légitimité a lieu, la légalité vient juste  consacrer et couronner la reconnaissance du pouvoir instauré.

Nous ne cessons de mettre en garde ici les membres de la classe politique congolaise contre l’illettrisme consistant à réclamer des élections rapidement, prétendument pour assurer la légitimité du pouvoir. Contrairement aux démocraties stables, où la légalité est fondée sur les normes et qui tirent leur légitimité du libre consentement des gouvernés en fonction des résultats des élections, les États fragiles ne peuvent s’en prévaloir. La légitimité de ceux-ci est liée à la loyauté et à la confiance, qui dépend généralement de la capacité de l’État à s’acquitter des services essentiels à offrir à la population.

Même dans les relations internationales, la légalité n’est pas le seul critère pour déterminer l’acceptabilité d’un régime ; sinon, les dictateurs ne seraient jamais renversés !Il n’existe aucun doute aujourd’hui sur le fait que, même si le Rwanda dispose d’un régime basé sur les ordres de Kagame plutôt que sur les normes, comme ce régime a combattu avec succès la corruption et favorisé le développement socioéconomique du pays, il a acquis une certaine légitimité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières du Rwanda – je sais que ceci va susciter le courroux de certains ultranationalistes mais il est important que nous puissions voir les réalités en face. L’intervention au Kosovo était illégale sur le plan des relations internationales, mais elle était légitime parce qu’elle arrêtait un génocide, et c’est ce qui a justifié son acceptabilité à l’ONU ; tandis que celle de l’Irak, ayant été à la fois illégale et illégitime, n’a pas été acceptée par la Communauté internationale.

S’agissant de la situation congolaise, la légalité de Kabila ne contribue pas à son acceptabilité à la tête de l’État, son illégitimité étant bien notoire. Nous voulons poser les bases d’un État dont la légalité sera basée sur les normes, et dont les objectifs seront l’augmentation de sa capacité, pour développer la loyauté et la confiance des citoyens et ainsi augmenter sa légitimité. C’est ceci qui explique l’acceptabilité du projet de CET dès lors que la population congolaise percevra son caractère censé, de par la pertinence de son contenu.

 

DE LA NÉCESSITÉ D’UN ÉTAT FORT :

Nous sommes d’accord avec vous : il faut au Congo un État fort ; non pas un État très répressif, mais un État ayant une forte cohésion interne. Or, ce qui assure la cohésion interne, c’est le bon fonctionnement de l’État. En effet, quand l’État s’acquitte « bien » des services qu’il doit à la population (sécurité impliquant la paix, justice, stabilité macro-économique, emploi  et  réduction de la pauvreté, éducation, santé assurée…), une plus grande loyauté se crée, d’une part entre les citoyens et l’État (relation verticale), mais aussi entre les citoyens eux-mêmes (relations horizontales).

 

Le CET sera un exécutif des technocrates consituee comme une autorite collective. Par définition, la prise de décision est technocratique quand l’exécutif investi du pouvoir de décision de l’État est aux mains des personnes expertes qui maîtrisent la gouvernance ainsi que l’administration du pays. Dans le document décrivant les objectifs du CET, au chapitre 8, nous insistons sur la valorisation, la professionnalisation des agents de l’État, ainsi que la lutte contre la corruption. En plaçant l’administration en dehors et au-dessus des vicissitudes politiciennes, on aura assuré les conditions idéales pour l’optimisation, non seulement dans la prise de décision au niveau de la gouvernance, mais aussi dans l’exécution de celles-ci au niveau de l’administration ; ce qui, par conséquent, engendrera les performances optimales des services rendus à la population et favorisera une grande cohésion nationale et l’émergence d’un État fort.

Nous sommes opposés à ceux qui croient à l’instauration d’un régime caporaliste et dictatorial pour imposer un silence par les armes au Congo. Le régime de Mobutu, bien qu’ayant été une dictature très stable, n’avait fait qu’affaiblir l’État congolais.

*Ceci dit, venez nous rejoindre au C E.T. pour constituer une synergie et une dynamique d’actions fécondes et positivement transformatrices en faveur du pays tout entier.

 

Pierre Vile-Linda SULA

DBA, IT Architect

 

 

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